Hommage à Louis Cougny

Maurice Van Tiel et ses élèves nous proposent de rendre hommage à Louis Cougny.

 

Louis Cougny, ancien maire de la commune de Poil, est décédé le 24 janvier 2017.

Il était né en 1927 à Magny-Cours. Ses parents y exploitaient une ferme d’une cinquantaine d’hectares. En 1939, à 11 ans, il réussit brillamment son certificat d’études, mais son père est mobilisé et il doit rester à la ferme. Grand lecteur, assoiffé de connaissances, il continue de s’instruire et crée à la fin de la guerre un foyer rural sous l’égide de la Jeunesse agricole catholique. Il se tourne rapidement vers le syndicalisme et il fait partie de ceux qui fondent le Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA). Il crée le journal de ce syndicat et en devient vice-président national et président des Jeunes agriculteurs européens. Il voyage beaucoup (à Paris, Bruxelles, New Delhi…) et travaille à la construction de la Politique agricole commune.

Politique et syndicalisme
Dans la foulée, il devient président de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles de la Nièvre (FDSEA) et président de la Chambre d’agriculture. Il participe à la création de la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) de Bourgogne, entre autres. Il se présente aussi aux élections sénatoriales pour le Mouvement républicain populaire (MRP) et devient conseiller à Magny-Cours avec Jean Bernigaud. Après un court passage au Parti socialiste, les événements de mai 1968 le font adhérer au Parti socialiste unifié (PSU).
Mais il le quitte pour adhérer au Parti communiste et en même temps au Modef (syndicat paysan plus ou moins assujetti au PC), dont il sera président départemental et vice-président national.
En 1975, sa ferme de Magny-Cours est reprise par le propriétaire et il migre à Poil avec toute sa famille (neuf enfants). Dès 1977, il est élu à la tête de la commune, en battant l’ancien maire, dont la famille dirigeait la commune depuis 80 ans. Il restera maire pendant 31 ans, de 1977 à 2008. À son actif, l’une des toutes premières auberges communales, la réfection de la toiture de l’église en bardeaux de châtaignier, la Fête de la treuffe, une nouvelle salle des fêtes et des logements sociaux. C’est aussi lui qui créa la première Fête de l’accordéon avec Didier Lonjard.

La Légion d’honneur
Homme de convictions, il n’a jamais voulu les abandonner pour faire carrière dans la politique. Homme de caractère aussi, il croyait au progrès et pensait que demain serait meilleur qu’aujourd’hui à condition qu’on se batte dans ce sens. Il a toujours fait passer la défense des petits et des plus démunis et celle de sa commune avant toute chose. Lorsqu’en 1991, François Mitterrand lui octroya la Légion d’honneur, il demanda qu’elle lui soit remise par un camarade du parti communiste, Marcel Barbier, un homme qui avait résisté à la soumission pendant l’Occupation. Il s’est éteint mardi dans sa 90e année. Il avait 22 petits-enfants et 14 arrière-petits-enfants..

 

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